Adobe, je te quitte

Adobe, on doit se parler… Après tout ce temps, j’ai trouvé mieux. Promis, ce n’est pas toi, c’est ton abonnement.

Ah… Adobe. J’ai appris avec toi avant même de faire mon cours d’infographiste. Si ma mémoire est bonne, on recule jusqu’à ta version CS4 ou CS5. Ça fait déjà longtemps. Mais toute bonne chose a une fin. Je suis à bout de notre relation… et j’ai déjà rencontré quelqu’un d’autre. Je ne pense pas de mal de toi, nous avons évolué chacun de notre côté et à force, nos chemins se sont séparés.

Voici les (principales) raisons pourquoi je te dis adieu.

Le prix

Maaaan! LE PRIX! T’es devenu radin, Adobe. Je me rappelle que les premières versions du logiciel que j’ai acheté étaient déjà chères, à l’époque. Au moins quand on faisait la mise à jour à une version supérieure, on pouvait sauver un peu d’argent.

Mais là, non seulement je ne posède plus mon logiciel, mais pour faire mon travail, je n’ai pas le choix que de prendre la suite complète de ton service. Suite sur laquelle, je ne finirai jamais de payer, mois après mois, au lieu d’acheter une version qui me convient des logiciels et faire un profit avec une job qui est déjà pas facile.

Et combien tu me demandes pour tes services? Plus de 90$/mois?! C’est deux fois le prix de mon forfait cellulaire ou l’équivalent d’une semaine d’épicerie pour moi. Tu ne te prends pas pour un 7up flat, eh?

Surtout que la concurence directe propose, elle, des alternatives variées avec un seul paiement. Certaines de ces alternatives sont même gratuites!

Je ne suis pas comptable. Mais comparont un peu. La suite Universelle d’Affinity me propose quelque chose de très similaire à ton produit ou, du moins, qui convient à mes besoins et donne le résultat que je désire. Pas de service à payer au mois, un seul paiement de 210$ pour la licence. Ça, c’est environ 2.5 mois d’inscription à Adobe Creative Cloud. Même pas 3 mois! C’est absurde, je te l’accorde.

Je pense que j’ai désappris

Certain de tes logiciels, je ne m’en suis pas servi depuis… ben, depuis la fin de mes études. J’ai parfois eu à y retourner pour une raison ou une autre. La crise d’angoisse que j’ai eu à essayer de me rappeller comment tu fonctionnes, dans lequel des multiples menus tu caches ce que j’essaie de trouver… ça va carrément plus vite, souvent, de réussir à faire ce que je veux faire avec un autre logiciel.

Par exemple, Illustrator. Bel outil, j’en convient. Mais je ne suis pas illustrateur. J’utilisais Illustrator pour faire des wireframes avant de découvrir Figma, dont je suis tombé amoureux en un temps record. À partir de ce moment, illustrator servait quasi uniquement pour faire des logos et quelques icones, à l’occasion. Lorsque j’ai eu à créer une pochette de disque, j’ai eu l’impression de retourner à l’école pour réapprendre le logiciel mais que le professeur qui me montrait comment l’utiliser s’appellait Youtube.

Tant qu’à réapprendre un logiciel dans une suite que je pensais laisser de côté, j’ai fait la job sous Affinity. En plus d’être plus simple, j’ai trouvé que la communauté sur le web s’entraide vraiment bien et plusieurs ressources sont disponibles pour m’aider à y voir clair.

T’es lourd, man!

Mon ordinateur, je l’utilise à plusieurs essiants et souvent, à 3-4 tâches en même temps, en plus d’avoir un podcast qui joue en background. Et quand on travaille ensemble, c’est pas rare que tu en demandes VRAIMENT BEAUCOUP à ma machine. T’as pas idée comment c’est chiant quand tu lag pendant que j’essaie de placer un élément au pixel prêt, que j’ai la face collée dans l’écran, une goute de sueur dans le cou et le fantasme de tout faire passer par la fenêtre parce que ça prend un délais de 3-4 secondes pour actualisé la vue.

Ton besoin de ressources, plusieurs autres logiciels ne l’ont pas et font la job tout aussi bien.

Ta performance

C’est plate à dire mais… on dirait que tu veux tout faire en faisant beaucoup de choses de façon, disons, assez médiocres. Un illustrateur sérieux va aller chercher Clip Studio Paint (pour seulement 70$) au lieu d’Illustrator. Blender pour la 3D, DaVinci Resolve (gratuitement en plus) pour la vidéo… la liste est longue.

Conclusion

En plus de ces quatres points principaux, très cher Adobe, on n’a pas parlé de tes licences basées sur le cloud, de tes pratiques de ramassage d’information, de tes mises à jour forcées, des controverses passées à propos des changements aux termes de services, etc, etc, etc…

Je pense qu’on est mieux l’un sans l’autre. C’est plate parce que je me rappelle qu’au début, on s’aimait vraiment. En tout cas, moi je t’aimais. C’est sûr, on va probablement se recroiser. Je ne dirai pas non à un boss qui me demande de travailler avec toi. Mais si ma décision pèse dans la balance, ça sera sans toi.

Sans rancune.